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Ce site est dédié au voilier de type "Flirt" qui est un dériveur lesté de 6 mètres du chantier Jeanneau construit entre 1976 et 1983
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hello, houlala! crygros problème perso l'année dernière, je n'ai pas pu m'occuper de faire vivre notre page depuis janvier 2015, on va essayer de s'y remettre, une fois que j'aurai retrouvé mes codes!confused Merci pour votre compréhension rolleyes Thyjlut sur Delphinus
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On est en juillet 1978 ,sur l’île de Noirmoutier ,à la limite sud de la Bretagne ,France .On a peur d’arriver à un million de chômeurs ,tant qu’à l’être autant que ce soit au soleil ,voir même à celui de TAHITI ,où je suis déjà allé pour mon service militaire et pour vérifier la situation par rapport à la publicité .Ce n’est pas le paradis mais je préfère quand même aller y cultiver mon jardin .J’y resterai 22 ans ,maraîcher aux îles Marquises .

Expérience de la voile avec Les Glénan ,l’école de voile ,trois stages et la lecture de tout ce que j’ai pu trouver sur le sujet ,avec le meilleur conseil« arrondir les caps et saluer les grains »

Bateau : un voilier en plastique de 6 mètres,le Flirt ,des chantiers Jeanneau ,admis jusqu’en 4ème catégorie ,j’avais tout cet équipement sauf le canot gonflable ,un bateau de plage faisait l’annexe , deux drisses de foc ,tourmentin ,foc 1,génois ,grand voile à deux ris

Dès le vendredi soir 14/07/78 je vais observer la sortie du port de l’Herbaudière. Le vent contraire juste dans l’axe, les feux un peu noyés dans la brume. Le jour n’était pas tombé que j’y allai déjà, pour une première observation.

Un copain me vit alors de son bateau et m’invita à boire un coup à son bord. On discute de mon prochain voyage. Il m’offre une bouteille d’alcool à brûler pour nettoyer le sextant. On regarde les photos de son voyage aux Antilles.

Je devais partir à 2h du matin mais le vent contraire me fit attendre le jour et à 10h l’adjoint du capitaine du port me remorqua à l’extérieur.

Brume, petit vent d’Est. Cap au 257, je réglais le pilote automatique (un panneau en contre-plaqué avec contre-poids et cordages qui agit sur la barre du bateau pour garder un certain angle avec le vent) . Temps variable et mal de mer. Position incertaine. Un matin au large de la Bretagne. Les feux à piles durent deux nuits,autant dire que je ne les mettrais qu’en cas de besoin . Dès le deuxième jour je vois un petit requin. Quatre jours plus tard, je peux faire le cap à midi. Je suis au Nord de l’Espagne. Le mal de mer est passé. Un bateau me réveille en pleine nuit. Mes feux sont rapidement allumés. Le lendemain soir je traverse le rail du Finistère, du vent mais difficile de régler le pilote, et le vent force. Le vendredi 21 à midi je vois une troupe de dauphins, photos de loin malheureusement, comme la veille de la côte espagnole. Le ciel est couvert, pourrais-je faire le point aujourd’hui ?

Déjà quelques incidents à bord : une manille de l’écoute de grand voile qui lâche en pleine nuit, vite remplacée. L’eau qui passe sous pression sous le capot coulissant. Je dois resserrer le capot avant qui gouttait. La vieille lampe tempête qui me lâche sur la route des cargos, que je coupe perpendiculairement.

Une semaine de solitude, ça va, pas de problème. Hier soir calme plat pendant 3 heures au large du cap Finistère. Ce n’est pas avec ce vent là que je serai dans dix jours aux Açores ! Je n’ai pas encore commencé à pêcher mais ça viendra peut-être. Je viens de terminer de relire le livre d’Antoine. Et la radio me fait rigoler, tout seul à bord. Hier soir coucher de soleil pas mal : sombre un peu partout sauf au Sud Ouest où je me dirige.

J’ai traversé il y a trois jours un coup de vent force 7, j’ai mis le minimum de toile, je me suis mis à la cape 2h puis j’ai repris ma route. Cela fonçait si j’en crois mon point de tout à l’heure. Cela a duré une quinzaine d’heures, cela secouait, mais le bateau a tenu. Le vent est tombé d’un coup, il est revenu un peu plus tard et j’ai pu tirer vers le sud, et passer une bonne nuit.

D’après mon point j’aurais parcouru en 48h plus de 400 miles ! Je vérifierai demain.

J’ai revu les dauphins et même des petits thons. Ma ligne était sortie, sans succès. Il faut dire que le matin c’était presque le calme plat, avec des mouettes.

Je suis plus tranquille pour mon point : une erreur de report sur la carte.

Deuxième coup de vent 24h ou plus. Il me permet de progresser mais ce n’est pas le confort enfin je commence à m’organiser.

Me voici au large de l’Espagne après un troisième coup de vent. J’ai décidé de tirer un bord vers le sud afin d’éviter d’autre mauvais temps. Effectivement il fait meilleur. Mais je viens de passer pratiquement 24h sans vent. J’en ai profité pour barrer un peu.Il faut bien avouer qu’en mer je ne barre pas ,et ceux qui ont un pilote automatique ne doivent pas barrer souvent non plus ,la nuit le pilote fonctionne pareil que le jour ,il suit le vent ,si le vent tourne le bateau suit ,la ruse c’est de vérifier sur le compas (la boussole sur cardan )toutes les deux heures même la nuit si le cap est bon ,on a parfois des surprises .On prend vite l’automatisme qui ne gène pas trop le sommeil ,surtout quand on est jeune peut-être .Un coup de lampe de poche suffit et le compas est en tête de couchette .

Maintenant le vent est revenu, mais pas assez pour le pilote. Mais j’ai prévu un système manuel fonctionnant suffisamment pour me permettre de me reposer un peu.

J’ai vu une petite tortue de mer, il y a aussi des « moineaux de mer » avec un trait blanc sur le dos, des jeunes goélands aussi, ainsi que des mouettes. Cela fait 14 jours que je suis parti. D’après ma position d’hier il me resterait huit jours pour atteindre les Açores.

Cette nuit j’ai rêvé de Mururoa (où je fis mon service militaire) ! Les provisions tiennent toujours, l’eau aussi. Les carottes sont terminées. J’espère avoir assez d’œufs jusqu’à l’arrivée. Je me fais une omelette de 2 œufs tous les soirs dans la petite casserole ! J’ai une envie de crêpes depuis quelque temps…

Je pêche peu, mais hier soir pendant le calme j’ai vu une dizaine de poissons volants poursuivis.

Je vais tenter à nouveau ma chance.

A la radio depuis quelques jours je ne capte plus que France Inter. J’ai trouvé une station qui donne de la musique classique toute la journée ! Mais la réception n’est pas très forte. Il y a aussi une radio portugaise mais bof! …

Le beau temps est revenu avec un peu de vent. J’ai rencontré 2 bateaux de la course Lorient les Açores ! Le premier s’est « arrêté ». Je lui ai crié mon adresse, peut-être a t il prévenu mes parents (oui ils l’ont fait, merci à eux). Ils étaient sympas. Le deuxième est passé à 500 mètres sans détour. Tant pis pour lui. Aujourd’hui, le calme est revenu. Dans 4 jours les Açores, peut-être. La pêche a donné quelque chose mais le nœud n’a pas tenu, oh honte ! Aux Açores je devrais retrouver les coureurs. Je crois que l’on va rigoler, enfin j’espère ! Je viens de bricoler l’allumage du compas. Ca marche sur 6 volts ! En attendant je voudrais bien un peu de vent. Dire que sur France Inter il y aura force 8 demain matin sur le Finistère !

Après ces 2-3 jours de calme je viens de toucher un peu de vent, je peux même mettre le pilote automatique à 2h TU du matin. Le vent tombe un peu de 3 à 2 Beaufort. Hier derrière le bateau à les toucher j’ai vu des maquereaux : 3 mais ils sont malins.

Mon point d’hier et d’avant hier étaient presque semblables.

Les Açores maintenant approchent peut-être, si le vent se maintient, arriverais-je avant le 10 ? Si les voiliers de course se sont encalminés je les plains ! J’ai tracé une droite de hauteur à 9h30,ma première ! . J’ai fait une belle route cette nuit. Je commence à étudier les cartes détaillées.

Après un petit grain j’ai rencontré un cargo. J’ai le vent juste arrière mais cela n’est guère pratique car le pilote automatique ne fonctionne pas à cette allure là. Je viens de calculer qu’il me faudra 10 jours à la vitesse de ces jours-ci pour atteindre Horta[MSOffice1] sur l’île de Faial . Car le vent est toujours aussi faiblard. Mais un point intéressant : je viens d’entrer dans une carte des Açores ! En attendant je me repose, je barre ,pour le plaisir .




LES AÇORES (Madère) RETOUR

Un beau jour j’arrive vers 14h à apercevoir une île : Graciosa, mais le vent me lâche à la nuit. Le lendemain le vent se lève trop. Vers 12h le pataras casse ,pas besoin de cosse au niveau du palan d’étarquage qu’il disait ,et bien si ,un cable métallique plié sans cosse cassera un jour ,et pas pour vous arranger (chance il est retenu par un fil d’antenne radio bidouillée ) , je répare et met à la cape puis je remets en route pour me mettre à l’abri des îles et arriver à Horta par le Sud Est. Le vent finit par me lâcher et samedi 12 vers 1h du matin , après 25 jours de mer, j’atteins le port où l’on m’indique un mouillage sur une bouée en français ! L’entrée du port fut assez palpitante. Bruit du ressac, grands rochers noirs, vent faible qui tourne à 20m de l’entrée. J’ai fini à la godille puis tiré par le bateau de la capitainerie.

Le matin je suis réveillé par un copain de la fac ( Fac de géographie de Tours ), arrivé avec la course des Açores et un de ses copains. On boit un coup, on discute. Après quoi, je vais mouiller car je suis sur le corps mort d’un autre bateau. Pas de problème. Je déjeune solide et je me prépare à descendre à terre vêtements propres, bateau à gonfler, papiers du bord, argent. Je passe à la capitainerie, à la douane. Je repère au passage le café Sport, point de ralliement à Horta des navigateurs . Je vais à la Poste après avoir changé un peu d’argent à ce café car les banques sont fermées.

J’ai eu l’occasion lors de l’arrivée de précéder de 2h un autre yacht. On s’est suivi pendant la matinée, se prêtant de l’argent mutuellement, face aux problèmes de change. À midi, je m’offre le restaurant, de la viande. Après 25 jours ce n’est pas mauvais mais c’est le resto U coté qualité des légumes ! Je bavarde avec des voisins qui de ce fait me paient le repas ! Les glaces sont bonnes, parfum poire et prune…

Après midi je leur fais visiter le bateau .Nettoyage , puis je vais rendre visite aux autres bateaux groupés de la course là gâteaux et boissons diverses, et discussions. Certains admirent ma traversée, d’autres pensent à une certaine folie. Et j’apprends que plusieurs des bateaux de cette course ne pourront participer l’année prochaine, l’inscription maritime les trouvant trop petits ! À 22h le groupe de bateaux se disloque, les équipages ne sont pas très clairs !

Le lendemain régate. Lors d’un passage chez Peter un jeune qui y travaille me demande de faire la régate ,une régate locale avec les participants de la grande régate avec un cousin. OK. À 13h30 alors que je vais le chercher à quai, d’autres me tombent dessus pour la même raison. On sera cinq. J’en profite pour faire 20 litres d’eau. On ne sait pas où cela se passe, il n’y a pas de vent. Mais on se renseigne et c’est parti, non sans que le policier n’ait fait de difficultés à l’embarquement car pour l’embarquement de mes jeunes équipiers des autorisations étaient nécessaires !

2h plus tard dans le canal de Faïal pas de vent on n’a pas atteint la première bouée. On n’est pas les derniers car on godille, mais on est les plus petits. À 200 mètres de la bouée, un voilier nous propose gentiment la remorque et en route pour la deuxième bouée au moteur, un peu de vent puis re belote, et re-remorque par un autre bateau sympa. Cela arrangeait bien un équipier qui avait le mal de mer ! Le soir réunion des participants, distribution de coupes, après un buffet modeste. Mais ambiance encore assez bonne. On va arroser ça chez Peter. Au retour un peu d’animation et de musique française.

2h du matin : je fatigue et mets le cap sur le bateau.

Lundi, je vais poster le courrier, je fais des courses ; je rencontre « le bateau » qui me suivait à 3h. Invitation pour le soir. Passage à la banque et chez Peter où je fais l’acquisition de 2 dents gravées de cachalot pour la sister et la filleule. Elles partiront avec le copain, qui rentre sur la France demain. Après-midi « catastrophe » : une pagaie me quitte pour l’eau du port. Recherches sans succès avec l’aide de l’annexe du Ferrossimo. J’en bricole une en 5min, manche à balai (en bois à l’époque) et bout de contre- plaqué et je vais regarder à nouveau mais non. Petite lessive. 2 jeunes portugais se proposent à aller chercher, j’accepte avec plaisir. Et les voilà repartis avec l’annexe. Recherches sans succès.

Les jours qui suivent je fais des courses, je répare des voiles et les renforce. Je fais connaissance d’un bateau américain voisin, « l’Espérance » NY, un couple sympa, venant de NY eu ayant eu des problèmes de pataras.

Ce matin j’ai pêché 3 poissons à l’épuisette ! Ils étaient du genre « baliste » ; ils étaient tellement curieux qu’ils suivaient le plomb jusqu’à la surface, l’hameçon était trop gros, alors, l’eau étant transparente, un coup de filet et hop ! En voilà deux ; un autre et le troisième est pris ! Pas mauvais d’ailleurs !

Philippe Harlé[MSOffice2] et sa famille sont arrivés sur leur bateau « Juliénas » ils m’ont invité à dîner ; des gens sympa qui retournent en France pour la rentrée des classes, après avoir fait un petit tour de l’Atlantique.

Je suis allé faire une sortie de plongée avec eux, M.Harlé m’a donné des cartes utiles pour le reste de mon voyage, ainsi que des conseils pour le bateau et de la visserie pour les travaux recommandés.Mon yacht a un grand cockpit et la mer est parfois assez méchante pour vouloir le remplir ,elle n’y a mis deux fois que l’équivalent d’un seau mais sait on jamais ,en tout cas en rehaussant l’entrée de la cabine c’était plus sûr ,plus acrobatique aussi .J’ai simplement coupé en deux le panneau d’accés et j’ai boulonné la partie du bas en place

J’ai reçu du courrier coup sur coup une lettre du 29 juillet le 22 août, une lettre du 14 août le 23 un télégramme du 18 le 23.

J’ai fait connaissance du bateau français « Aquilon » de Deauville je crois, avec des gars sympas à bord.

La pêche marche toujours très bien, j’offre du poisson j’ai essayé de téléphoner en PCV mais au bout d’une heure j’ai laissé tomber.

Le 24 au matin, après le rangement à bord, je vais à bord faire des vivres, je passe d’abord chez Peter : deux lettres pour moi, datant de moins de 10 jours ! Merveilleux, moi qui n’attendais rien avant la fin du mois !

Je viens d’accueillir à bord pour trois jours un des équipiers d’Aquilon qui devait rentrer par avion, j’en ai profité pour faire des crêpes. Je commence à faire la liste de provisions pour le départ, ainsi que des travaux divers dont le découpage de la porte en deux et la fixation du bas sur les conseils de M.Harlé.

Demain c’est le départ : rangement divers, préparation de la lampe à pétrole, courses, cet après-midi passage chez les autorités et chez Peter pour changement d’adresse. Hier soir je suis allé au restaurant avec deux campeurs français et un équipier du « Piscop » .

A terre j’ai eu l’occasion de goûter à la langouste locale , très bon !



Je suis passé chez Peter qui m’a offert gentiment un coupe papier en os de baleine. L’équipier du « Piscop » m’a offert les ressources de son bord, sympa. Lui aussi aimerait partir.



Vers 8h45 TU départ à la voile, seul et sans témoin, de Horta ; vent force 2 max. à tirer des bords, pour me retrouver

encalminé l’après-midi au large de Pico ,(une grande île habitée des Açores dont depuis le volcan s’est activé mais rien de trop ). Le léger vent arrière de la nuit m’eut obligé à barrer constamment aussi j’affalai tout.

Le lendemain 31 force 0+ vent arrière, barre amarrée avec sandow, cela tient parfois assez longtemps.

Le 2/09 cela fait 4 jours que je suis parti de Horta et j’ai parcouru à 9h 80 milles, 20/jour, moins de 1 nœud de moyenne. Il faut avoir le moral. Je vais peut-être relâcher à Sao Miguel si ce temps là continue mais il me faudra bien encore 5 jours pour y arriver !

Le 3/09 passé l’après-midi et la nuit où j’ai peut-être parcouru 99 milles c’est de nouveau le calme avec ce matin 20 min. de force 2. Je comprends davantage la nonchalance des gens du coin ! Hier après-midi j’ai croisé un pétrolier (petit) en route sur Horta, probablement. Si peu de vent que je n’ai pu m’en approcher qui sait j’aurais peut-être pu faire parvenir un message en France remettant mon arrivée à Madère à la fin du mois !

L’après-midi du vent. Le soir je me retrouve au SW de Sao Miguel mais je met à la cape pour la nuit, le pilote ne pouvant tenir l’allure grand largue. Je fais bien car cela monte à 5-6.

Le lendemain matin cap au SE sur Santa Maria que j’aperçois à 18h , pas de trace du rocher isolé local. Au cours de cette journée je perds ma ligne de traîne, usure sur le safran. Est ce que en ce matin du 5/09 je peux me considérer comme bien parti ? Erreur, à midi le vent tombe, ne revient que le lendemain matin à 5h, vent arrière. Je réussi un montage qui fonctionne pour ce vent 0+. Je viens de voir une dorade coryphène aussi j’ai mis à l’eau 50m de nylon avec une cuillère, quoique la vitesse… J’ai disposé à sécher sur le pont une banane coupée en trois tranches, pour respecter la recette de Moitessier (sans succés,le pont d’un 6 mètres est plus humide que celui d’un 12 mètres ,faut croire !mais bien plus tard ,aux Marquises la banane séchées sera une de mes productions ,très apprécié d’ailleurs ) . Le baromètre monte et descend mais le vent ne suit pas.

J’écoute Radio France International sur le vieux poste de mon père sur 19 ou 21m pas toujours très clair mais c’est en français ! J’ai remis du pétrole dans la lampe. Ce n’est pas que j’approche de la route des cargos mais sait-on jamais ? Les mots croisés progressent !

À une moyenne de 136 N je serais à Madère le 20…

Optimiste ! 10 milles parcourus entre le 6 et 7/09. Ce matin à 2h un peu de vent, j’en profite. À 6h je regarde dehors : un pétrolier gagne l’Est, à tribord. À 16h c’est un porte-container à bâbord vers l’Est aussi. Ils arriveront avant moi ! Je vais jusqu’à penser que ce pétrolier serait celui du 2/09.

Le 8/09 jour faste : j’ai vu un bateau, une tortue, un requin et surtout j’ai péché une dorade de 1,34m ! La 1ère fois elle d’est détachée au bord du bateau, mais avec le foie d’un baliste péché à l’épuisette elle s’est fait prendre à nouveau. Cela m’a occupé une bonne partie de l’après-midi sans vent. Il a fallu nettoyer le sang qui avait giclé partout, la vider, la dépecer, la couper en lanières, la mettre à sécher(pareil ce ne doit pas être la bonne latitude pour le séchage car j’ai du tout jeter …). À 16h surprise agréable : un peu de vent, suffisamment pour le pilote automatique ; si cela pouvait durer !Alors que j’étais en plein nettoyage du cockpit je vois à trop peu de mètres derrière le bateau un requin que je trouve aussi long que lui avec plein de taches oranges sur fond noir ou l’inverse ,genre panthère ,pas rassuré je préfère rentrer dans la cabine ,qu’il ne soit pas tenter de me goûter .Le sang de la dorade l’avait attiré ,mais vu que rien ne venait en plus pour le nourrir il n’était plus là dix minutes après . Un autre cargo. Je refais le plein de pétrole partout.

Et ce fut parti pour quatre jours. Le 3ème jour, le bas hauban bâbord casse,et oui un cable inox tordu est un cable foutu un jour ou l’autre .J’avais voulu mettre le mât sur le pont avant de partir mais seul ça ne fut pas facile ….. Je le remplace, non sans mal, par une drisse, et je continue au près dans l’alizé portugais 4-5, non sans craintes, assez vaines d’ailleurs. Je prend par la côte sous le vent Madère mais le 1er jour ce fut le calme, le 2ème jour aussi. Le soir du deuxième une chasse à la baleine à l’horizon. Une barque avec des rameurs ,un petit remorqueur fumant Le 3ème jour du vent fort et contraire mais j’arrive avec le vent mollissant à 3 M de Funchal que j’atteindrais le lendemain avec du vent fort mollissant à 13h.



MADERE (Açores) RETOUR



Samedi, tout est fermé. Je dois mouiller avant et arrière, je me déplacerai avec l’aide d’un voisin français plus au fond du port. Mais ça remue et le bateau voisin me semble bien proche. J’accueille un bateau stoppeur. Je remarque que la coque est par endroits pleine d’anatifes. Je téléphone en France pour un bas hauban.

Je fais connaissance de quelques bateaux dans le port dont le Lucetia français qui va avec 1 équipier vers la Patagonie, et j’attends une lettre du constructeur et le hauban en faisant un détour par le marchand de glaces. Le copain est parti visiter l’île, j’en profite pour faire l’inventaire des provisions. Les Canaries sont bon marché paraît-il. Je me referais là-bas. Un solitaire anglais sympa est arrivé du Portugal, pas vite lui non plus. « grâce à moi », enfin je lui ai donné la revue locale où se trouvait l’annonce, il a trouvé une annexe pour remplacer celle qu’il avait perdu à Bayonne. Autrement je bricole à bord, quelques améliorations par ci par là, pour le rangement des couverts, par exemple, ainsi que le remplacement des bouts plastique des chandeliers par les bouchons, avec une touche de peinture argentée pour faire joli et étanche.

Je vais voir un autre solitaire à son arrivée dans le part, le Seonamara ; il ne pouvait plus utiliser son étai enrouleur de foc aussi je le hissai sans la mature où il put réparer. Il me fit cadeau de 12 m de hauban 4mm inox que je me fis bêtement prendre dans le canot pendant que tout deux allions en ville, lui pour téléphoner, moi pour aller au marché. Au retour à midi le temps s’était gâté, et devait empirer par la suite, juste dans l’axe de l’entrée du port, ou descendant de la montagne, des rafales jusque 8 peut-être.

Une bonne quantité de bateaux a chassé, dont notre voisin qui nous dûmes déborder. Le mien bougea d’un ou deux mètres, c’est tout. Le vent se calma dans la nuit pour reprendre moins fort le matin.

Je rencontrai aussi 2 jeunes françaises sur un super arlequin (9,10m) qui partent pour le tour du monde. Ainsi qu’un bateau allemand avec à son bord un solitaire avec un bateau stoppeur, comme moi.

Je vois aussi l’arrivée de quelques bateaux de la course « LAS PALMAS- FUNCHAL »avec en premier « VEGA » ,il n’y a guère en course que des voiliers espagnols ou portugais .

J ‘attend toujours mon hauban de France.

Invité sur un bateau suisse sympa je les convie le lendemain à manger des crèpes

Samedi matin :nous sommes 4 solitaires ,et si on refaisait des crèpes ? .l’un d’entre eux ,un anglais partait sur les Salvages à cette heure là ,tant pis .Nous voilà trois allemands,deux français ,puis des voisins anglais ainsi que des suédois tout frais arrivés .Par la suite on y fut invité à diner et à boire alors que déjà la veille au soir j’avais fait la fête sur le bateau d’un solitaire allemand .Les filles du Ding-dingues nous ont invités à souper la veille de leur départ ,sympa elles aussi, peut-être se reverra t on ?

Un beau jour je vis arriver (de Dakar) ,un bateau français en bois à gréement houari ,avec quatre équipiers ;je les aidais à trouver un mouillage .J’apprends qu’ils avaient fait une erreur de 250M en navigation astronomique ,ratant ainsi les iles Canaries ,heureusement secourus en eau et en position par un cargo .Le capitaine me donna une carte de Fort de France ,en Martinique ,qu’il avait en double .Des gars sympa mais bien peu de connaissances maritimes et des faiblesses dans le gréement .

Je me décide à partir de Madère lorsque j’apprend en téléphonant en France que ma mère est aux Canaries depuis ce jour ,alors que mon départ annoncé avait été remis pour attendre encore le hauban .

Donc le lendemain je passe à la Poste ,j’y trouve le hauban ,pas le bon modèle d’ailleurs ,et deux manivelles de winch en cadeau ,sympa Jeanneau !

Départ entre deux grains ,avec l’aide sympa du voisin anglais .Dehors on se fait rincer force 6-7 ,rafale à 8 dans la nuit .Pour la première fois mal de mer franc avec vomissements .Mercredi le vent baisse ,jeudi il disparaît ! bon moral !ce matin là un cargo passe au loin .Vendredi ,on a fait 20M ,avec le ciel nuageux pas facile de faire le point à midi .Mon passager sait peut-être tenir un cap mais surement pas virer de bord …..Encore 80 M ,on arrivera peut-être dimanche pour voir l’avion s’envoler

Samedi 14 , 6 heures du matin je vois se dresser devant l’étrave La Grande Salvage ,une petite ile ,bon vent mais dans le nez ,lundi on arrivera peut-être .Le lendemain matin étonnement heureux :Ténériffe sous le vent .Pendant la nuit le bateau dans l’Est et le point par une droite le confirme bien ,c’est Ténériffe .Le vent souffle bien .A un certain moment je pense passer l’ile « facilement » mais le vent tombe et de 18H à 5H le calme ,voiles affalées . Je réussis à passer le cap difficile à 18H ,lorsque le courant baisse et le vent monte ,et c’est alors du vent arrière ,ça fonce ,un peu trop même !On repère SantaCruz et l’entrée du port avec le soleil dans les yeux .Le vent tombe et c’est à la godille et avec le courant entrant que je gagne le mouillage de Real club Nautico .On éssaye de mouiller sur une bouée mais un employé vient nous indiquer un autre mouillage.Evidemment un peu plus tard le vent se lève ,maintenant que l’on est arrivé !



Les Canaries DEBUT

Je vais téléphoner à l’hotel de Ténériffe pour apprendre que ma mère est repartie hier .

Pendant le trajet en annexe une fuite se déclare que je répare dés le retour à bord ,transporté cette fois ci par la barque de l’employé du port.Pas grand monde dans ce port ,du monde de la voile je veux dire .

Ce matin on descend à terre faire de l’eau et prendre une douche .Vers 11-12H ce sont des rafales à 8 beaufort dans le port .Je suis allé chercher mon courrier à la Poste ainsi qu’un colis au consulat ,laissé là par ma mère .Les formalités d’arrivée nous font visiter la ville (j’avais oublié de mettre le pavillon jaune à l’arrivée !) .Le retour sur le bateau ne se fait qu’à la deuxième tentative ,du fait du vent .Une limonade et un San-Antonio et deux heures après j’étais à bord .Je pense à gagner un autre coin du port lorsque les rafales cesseront .A 18H c’est le départ ,d’abord vers la ville ,pas de yachts ,puis vers l’autre bout du port suivant les indications de des gars sur le quai et d’un officier ,rien .

Troisième et dernier coin le village de San-Andres, c’est bien là que se retrouvent les navigateurs hauturiers .Et je suis accueilli par les suédois rencontrés à Madère ,je me met à couple et je monte à leur bord boire un coup et manger un hot dog. Le lendemain matin rangement général intérieur et extérieur .Des ondées passent .Le 19 au matin le bateau de pêche coréen supportant 4 bateaux de plaisance à couple ,dont le mien ,se déplace vers une autre place à quai ,amusant et impressionnant .Un bateau français connu à Madère vient se mettre à couple mais les remous des passages des bateaux de pêches causent des craquements inquiétants de ma coque ,aussi je passe à l’extérieur .Les chinois (du bateau de pêche) dont un surtout ,m’invitent parfois à manger à leur bord .Pas mauvais .Je ne chôme pas à bord ,j’apprend au voisin la droite de hauteur [MSOffice3] ,je lui prête des documents .Je bricole à bord [MSOffice4] ,je vais faire des courses le mercredi veille de mon départ .Je vais me mettre à couple des bateaux français ,après avoir fait connaissance d’un bateau suisse .Le déplacement à la godille trop difficile du fait du vent s’est terminé à la voile et à l’aussière .Des gars sympa .J’ai bu quelques pots ,j’ai fait mon plein d’eau .Ils m’ont donnés leur heure et fréquence de vacation radio ,( mais contrairement à ce que je pensais je ne peux pas les recevoir) .

DEPART POUR LA MARTINIQUE

Et le jeudi à 12H je pars ,suivi de peu par un de ces bateaux [MSOffice5] .

Le pilote automatique fonctionne au vent arrière ,pour peu qu’il y ait du vent (Jusqu’ici faute de m’être penché sérieusement sur le problème je tirai parfois des grands bords) .Je fais pas loin de 4 N les premières 24H !

Le troisième jour j’ai établi les trinquettes jumelles(focs jumelés en réalité) ,mais l’orientation du vent ne permet pas de tenir la route (vent SSE)

Le 29/10 à 21H je sors de la cabine pour un réglage de voile lorsque je remarque deux feux verts sur mon arrière tribord .Ils sont proches aussi je les surveille du coin de l’œil ,et j’identifie deux voiliers ,je met mes feux de position ,et je les attend .Le premier m’appelle par mon prénom ,ce sont ceux de l’équipe Dufour (de Santa Cruz)qui m’ont rattrapé ! Ils me passent du lait en poudre après que l’on ait un peu papoté .On prend un autre rendez-vous radio ,moi en réception uniquement vu que je n’ai pas d’émetteur .Cela surprend quand même un peu d’être reconnu au milieu de l’océan ,et aussi je devais être sur le bon cap.

1er novembre ,dans la nuit le vent est tombé ,il est vaguement revenu vers 8h .J’en profite pour faire la lessive ,avec le soleil cela devrait vite sécher ! Le Réglage du pilote[MSOffice6] n’est pas évident .Le vent retombe pour un peu revenir vers 2h du matin ,mais il dure un peu. Après le calcul de ma position à midi ,la méridienne[MSOffice7] pour les connaisseurs ,j’ai fait 50milles en deux jours ,de plus mon point d’hier était faux ,quand on touche à son miroir de sextant avant la fin des relevés …..

Le 4 après une suite de vents changeants ,un semblant d’alizé semble s’être établi, en tout cas on fonce .Ce matin mon bol de chocolat s’est renversé ,heureusement pas trop de dégâts .Je me coupe les cheveux .

Le 5 ma position qui n’est pas certaine mais très probable ,un grain est arrivé à midi ,elle me place à 1M au nord du Tropique du Cancer .Je viens d’entendre à la radio le départ de la course « la route du rhum »,ils vont peut-être me rattraper !

Le 6 ,du fait du manque de vent ce midi je n’étais qu’à deux milles au sud du tropique .Ma position d’hier ne devait pas être fameuse car je n’aurai parcouru que 5 milles alors qu’avec le seul courant j’aurai du en parcourir 12 !Dans l’après-midi le vent se lève ,NE ,et à 18H il n’est pas loin de 6 beaufort avec des grains de pluie .Le bateau file sous grand voile seule ,à deux ris ,le génois étant resté sur le pont à l’avant car je ne pensais pas que les grains allaient durer .Il semble bien que ce soit l’alizé .Comme il bouge entre le Nord et l’Est je dois de temps en temps régler le pilote .Il est parfois puissant ,à mon échelle ,6 beaufort .

Théoriquement aujourd’hui 9/11 je suis arrivé au tiers de mon voyage ,je vais arroser cela avec une boite de poire .Toujours en théorie dans un mois je devrais être arrivé .

Le 12 l’alizé a bien soufflé et continu .Hier soir à la radio j’ai écouté le bal de France inter à la radio ,c’était avec de la musique antillaise ! je viens de faire mes calculs ,peut-être que dans 24 jours je serais en vue de la Martinique .Demain soir je penserai peut-être à mettre une lumière[MSOffice8] à mon pataras car je couperais une ligne maritime .De même dans 4 jours ,en théorie , je serais à la moitié du trajet ,si le temps se maintient .

Mes occupations dans la journée se réduisent à prendre le petit déjeuner vers 8H30 ,heure locale ,en fait au lever du jour ,libre jusque midi et plus ,m’interrompant parfois pour une droite de hauteur .Une heure et demi avant la méridienne c’est le déjeuner .Après-midi qui se passe à lire ,écouter la radio .Radio sectaire car si RFI passe mal les radios anglaises ,espagnoles, américaines sont bien plus claires .De temps en temps j’ai ainsi des nouvelles de la « route du Rhum ».J’arriverai peut-être en même temps qu’eux .Je vais voir à me mettre à la navigation astro avec la lune et les étoiles ,les nuits sont très claires et tièdes .Je fais aussi quelques mots croisés .

Le 15/11/1978 je croyais bien être arrivé aujourd’hui à la moitié du trajet ,mais non .En théorie encore 18-20 jours .Le vent faiblit ,la radio aussi .

Le 16 encore 17 jours si ça dure ,une erreur de point hier ? ma première droite de hauteur de lune n’est pas fameuse .Ce midi j’ai vu une dorade coryphène ,j’ai mis la ligne de pêche à l’eau ,on ne sait jamais ! J’ai passé la mis parcours ,je devrais voir des bateaux ces jours ci ,car je croise la route habituelle des cargos .

Le 17/11 je voyais bien que je me dirigeais trop vers le sud mais à ce point là ! je n’ai parcouru que 40 milles dans la bonne direction .Hier soir à 20H30 ,la nuit était tombée depuis 18H30 ,j’ai vu les lumières d’un cargo s’éloignant sur tribord arrière .

Je viens de relire les lettres que j’ai reçu depuis les Açores .A la radio de façon intelligible je ne reçois plus que radio moscou et la BBC en français une fois .Le temps est formidable dehors et je vais prendre une photo .

Le 18/11 Catastrophe ce matin le réveil à quartz acheté en grand magasin le quart du prix d’une « montre d’habitacle »,retardait de 2H30 heureusement et non sans mal , je capte le top horaire de la BBC

Le 20/11 Hier soir grosse migraine ,2 aspro le soir et disparue .Le soleil devait taper fort par le hublot .

J’ai fait moins d’un degré de longitude ,encore 13 jours aujourd’hui .Plus de nouvelles de la « route de rhum ».Hier ciel couvert ,aujourd’hui 2/5 de nuages .En cherchant des cachets je tombe sur une forte odeur , ce n’était pas le fromage mais les œufs ,simplement posés dans des cartons alvéolés ,6 passent par dessus bord ,il m’en reste 24 .

Cet après-midi je fais des droites de hauteur bizarres , du coup je règle le sextant[MSOffice9] .Il était arrivé à 2’ 40’’de collimation[MSOffice10] ,je l’ai ramené à 6’’.Mais l’après-midi est gris et le soleil caché .

Le 21/11 une fois de plus il reste 13 jours ,cette nuit j’ai du faire de la route vers le nord ou une erreur ,de plus j’ai du me contenter de faire des droites de hauteurs car pour une fois je n’ai pas eu le soleil assez longtemps à midi ,ce qui n’est arrivé que deux trois fois sur toute la croisière .Le vent est passé au sud ,ce qui ne m’arrange pas .Il est faible ,du coup je me décide à mettre ce grand foc que l’on appelle génois .J’ai failli attrapper une dorade ,elle a mordillé l’hameçon puis est repartie !

J’ai vu ce soir sauf erreur 4 mouettes blanche très fines et très « racées »,ensemble ,pourtant sauf erreur je suis au milieu de l’Atlantique !

Le 23/11 hier matin j’ai fait le calcul de ma position ,dont maintenant je doute ,mais j’avais bien fait car à midi le ciel est couvert et pluie pendant 2-3 heures ,brêves éclaircies et rebelote ,puis un vent debout faible ,puis fort ,faiblissant .D’après ma ligne de pêche je vois que j’ai une dérive importante

Hier soir j’ai écouté le match de foot Duisbourg strasbourg sur RFI ,pas facile ,les alsaciens n’ont guère eu de chance .Depuis hier soir j’ai un beau ciel bien dégagé .Un grain à une heure du matin,pris deux ris ,bientôt largués ,le grain est passé .

Ce matin je refais des droites de hauteur :j’ai reculé ! j’espère que le soleil va rester dégagé afin d’avoirune méridienne valable car le doute m’envahi .

Hier midi j’ai vu flotter une boite de bière ,je dois être sur la bonne route !

Le baromètre descend un peu plus bas chaque jour pour remonter chaque nuit .

Le 24/11 11 jours encore car le 22 a été perdu pour la route mais cet après-midi aussi le vent tombe et le ciel est couvert. J’ai deux ou trois daurades autour du bateau, dont une grosse, mais elles ne veulent pas se laisser attraper. J’ai aussi deux poissons pilotes à l’étrave. La coque me paraît bien sale, surtout à la ligne de flottaison que j’ai faite trop basse

Comme cap j’ai le choix entre l’WNW et le sud, je choisis l’WNW.Je mange ma dernière orange. Je suis dans une zone[MSOffice11] indiquée 5% de calme, c’est beaucoup et je suis dedans. Mais au sud il semble y en avoir d’avantage. J’espère que les copains de chez Dufour ont pu passer car leur avion est le 25,demain.

Je capte parfois assez bien radio la Havane et de plus en plus les radios pour l’Amérique du nord et du sud.

G :46°28W L :18°24N

Le 25/11 hier et cette nuit j’ai traversé plusieurs grains ventés et pluvieux, du sommeil en pointillé. Ce matin j’ai du vent, pas de soleil pour connaître ma position, mais il y a de la place autour !

J’ai récupéré 5-6 litres d’eau de pluie. Je suis au prés, ce qui n’est pas l’allure la plus confortable

Le 28/11 depuis deux jours j’avais l’alizé d’ESE 3-4 beaufort, tranquille, mais cette nuit cela forcit à 6,et cela est toujours même si ça baisserait un peu. Cela m’a obligé à prendre deux ris hier et à changer le Génois, non sans mal ce matin. Je vais trop sud, aussi après la méridienne j’empannerai pour faire plus d’ouest, étant donné que je suis presque à la latitude de la Martinique

(15°N et moi 16°N )

Un grain ce matin a fait giter plusieurs minutes le bateau ,foc bordé plat et grand voile vent arrière , jusqu’aux hublots .La mer est grosse ,c’est impréssionnant et encore on m’avait prévenu !

Le 29/11 j’ai franchi le 50 ème méridien .Cette nuit j’ai du voir les feux d’un bateau au loin .J’ai eu aussi un beau coup de gîte[MSOffice12] qui a fait valdinguer quelques objets à bord mais rien de grave

Depuis ce matin je tire un bord vers le NW ,et ceci pendant trois quatre jours , je pense .Je viens d’apprendre l’arrivée de la « route du rhum » .A 1’ 16’’ prés un français gagnait !

J’ai eu il y a deux trois jours des ennuis avec le poste de radio ,une soudure qui faisait mauvais contact .J’ai fait un nœud et ça fonctionne ,c’est le principal .Mon pilote automatique glisse dans son support sur le plat bord ,au niveau de l’emplacement du moteur hors bord que j’ai laissé en France , j’aurais du faire à mon idée et mettre un boulon transversalement .

Parfois la mer semble se calmer ,parfois non ,c’est génant pour la précision du point ,surtout que je me fais mouiller et le sextant aussi .

Le 1/12 Hier soir j’ai capté quelques secondes Radio France Martinique .C’est hier que je crois avoir fait ma meilleure journée ,plus de 100 milles Dans 5 jours ( ?) la Martinique serait en vue .Hier Je suis passé à 20 m d’un bidon plastique de 25 litres ,blanc .Avant hier j’ai croisé un cargo ,vers 20H .

J’écris tranquille dans le calme de la cabine ,capot fermé ,lorsque des embruns viennent tout mouiller sur la couchette babord .Vite réparé , et je ferme complétement la cabine .Je souhaite que le pilote ne descende pas trop vite ,et tienne jusqu’à l’arrivée .

Le 2/12 Ce matin j’ai un temps à grains et un ciel couvert, du genre faibles grains et éclaircies .J’ai bien marché et je crois que dans quatre jours ….J’ai trouvé le courage d’éssayer de bloquer la descente du tube support du pilote automatique et ,en me faisant rincer ,j’ai cassé la mêche de ma perceuse à main là où je voulais mettre une goupille ,,ça simplifie !

Hier le 4/12/78 J’ai été survolé à 10 m par un avion militaire français ,à 15 H locale ,continuant sa route vers l’ENE ;

Ce matin 2 poissons volants de la taille de sardines étaient dans le cockpit .Je m’en suis servi pour attraper une daurade coryphène de 0,90 m .De la viande jusque l’arrivée !

Cela fait 2 ou 3 jours que je vois des oiseaux de mer « cotiers ».Le poisson sèche sur le banc dehors .Je veille ce soir car à partir de minuit théoriquement un phare est visible .Mais rien ,et cela « m’oblige » à me lever toutes les heures pour jeter un coup d’œil.

C’est le 6/12 vers 7-8 heures du matin que j’entrevois la cote dans les nuages .Dans la nuit une dizaine de poissons volants de la taille d’une sardine sont tombés sur le pont .Je me repose dans la cabine lorsque j’entend des bruits de moteur :deux barques de pêche locales qui pêchent à la traine à 100 m du bateau ,on se fait signe bonjour .Du coup je met ma ligne de traine à l’eau et rapidement une dorade se fait prendre ,mais elle est tenace et le bateau va vite ,total elle se détache lorsque je la gaffe ,après que la ligne m’ait entaillé les doigts dans un de ses sursauts ,une bonne leçon pour mes doigts …..

J’ai du beau temps avec un seul grain dans la matinée .

Vers 8 heures du soir je passe l’ilot de La Perle ,sur la cote nord de la Martinique .Le vent me lache ,j’en profite pour dormir deux heures

Le7/12 vent faible jusqu’au soir avec un grain dans la rade de Saint-Pierre .Je dors deux heures ,à mon réveil le vent est monté à 4-5 : je hisse le foc et tire des bords vers Fort de France ,dont j’atteins la rade à 6 heures du matin ,le lever du jour .Je dis bonjour au passage à un pêcheur solitaire en barque .Je renvoie le génois ,et le vent revient mais le mât tient .Je tire des bords ,comme toujours et à midi ,après m’être bagarré avec un cordage tombé à l’eau ,je mouille dans la baie des Flamands ,non loin du fort .Le mouillage ne tient pas semble t il et il y a trop de vent pour que j’aille facilement mouiller plus à l’intérieur ,mais une américaine sur l’annexe à moteur de son yacht vient me féliciter pour ma traversée et gentiment me hale vers un meilleur endroit .



LA MARTINIQUE DEBUT



Je suis un peu fatigué aussi après avoir un peu mangé je dors une heure .Je descend à terre ,à a la douane pas de problème ,mais le téléphone en pcv ce n’est que le matin et pour le courrier c’est la grêve ….Je rencontre un copain connu à Madère ,il me guide en ville .Je goute le jus de prune et l’eau de coco et je me paye 12 heures de sommeil .

Le 9/12/78 je peux enfin téléphoner ,après une heure d’attente ,pour rassurer mes parents ,ils sont surpris de me savoir déjà arrivé ! je vais faire ensuite un tour sur les deux marchés de la ville ,où j’achète des fruits et des légumes et déguste une brochette de viande épicée .Dans un snack je mange mon premier poulet frittes depuis longtemps .Dans l’après-midi je fais un voyage jusqu’à la marina de la POINTE DU BOUT où je ne m’installe pas car c’est payant .J’y rencontre le capitaine du Coui ,rencontré en mer après mon départ de Ténérife .A mon retour au ponton pour retrouver mon annexe[MSOffice13] et rentrer à bord je trouve celle ci sur une autre annexe et un voilier de 14 mètres qui se met à quai .Je leur donne un coup de main pour sortir un moteur en panne ,ils m’offrent un verre ,et je rentre à bord .

Le 10/12 je bricole à bord :dégrippage de la perceuse à main ,nettoyage de la couchette de l’avant ,où un œuf s’était écrasé ,laissant une certaine odeur ….Le soir je vais faire un tour à terre, j’ai la surprise de retrouver l’equipage d’unyacht allemand rencontré à Madère et dont j’avais un livre à bord . Je rencontre un copain de la veille ,opération moteur suite ,après quoi ,on se rend sur ce bateau où on est invité à souper .Ensuite descente en ville boire un verre[MSOffice14] et j’apprend qu’il a planté des arbres à Noirmoutier ,lieu de beaucoup de mes vacances !

Le 11/12 dés 6 heures je déplace mon bateau à la godille pour le rapprocher du ponton de débarquement ,à coté de Kriter 2.

Durant cette semaine j’allais rarement faire des courses en ville ,mais le soir je sortais régulièrement boire un jus de fruit et discuter .

Un vendredi je suis allé mouiller à l’ANSE MITAN ,où les bateaux n’étant pas charter étaient plus sympa .Jen profitais aussi pour plonger dans une eau plus propre pour nettoyer ma coque .Ce mouillage est situé de l’autre coté de la baie de FORT DE France .Le soir j’allais voir les copains de chez Dufour .Je retournais au mouillage des Flamands pour y relever mon courrier et acheter des bricoles .J’y retrouvais deux bateaux suisses dèjà rencontrés ,dont l’un avait éssuyé un cyclone au large du CAP VERT ,le 25/11 .Moi ce jour là j’avais noté une houle de sud-est .Et me voici de nouveau à l’ANSE MITAN où je passe noël avec des copains .On se retrouve chez des gens du pays où on danse une heure chez l’un ,une heure chez l’autre voisin ,avec du rhum et des petits boudins épicés .Le lendemain je suis invité à un repas de noël sur un bateau américain sympa qui vient de la Méditerrannée et qui a traversé la France par les canaux .

Le 26/12 Je traverse avec 3 copains ,le mouillage est délicat .Je fais connaissance d’un couple agé de hollandais .

Je reçois un colis de gaufres sèches de France ;

Durant ces quelques jours j’ai fait la connaissance d’un marin de la Royale (marine de guerre française),qui va regarder pour des cartes de navigation périmées ,mais sans enthousiasme ,comme si je ne me doutais pas de la fiabilité relative des cartes ,moi ,un ex étudiant en géographie !

Je suis allé en ville pour acheter des jerrycans en plastique pour porter mes réserves d’eau douce à 200litres .Les prix sont le double de ceux de la France il y a six mois ,la douane paraît-il . J’ai réussi à trouver un réservoir auquel il manquait deux bouchons ,dons moins cher ,et 4 réservoirs de 5 litres moins cher qu’un de 20 litres .Petites économies ….Je sis passé à la poste où la préposée est lente mais sympathique ,une lenteur universellement connue surement ,vu le nombre de navigateurs qui viennent ici chercher leur courrier poste restante .

En tout cas elle me donne trois lettres ,dont deux avec pas mal d’argent .

Alors que je buvais un coup avec des copains de Madère et des Canaries on a l’occasion de parler avec des touristes suisses sympa qui ne se doutaient pas des difficultés de la navigation à voile ,mélées à l’insécurité de certains pays .

Je rencontrais aussi les deux françaises rencontrées à Madère qui partaient pour un tour du monde ;Elles me confient leur crainte des mouillages isolés à Sainte-Lucie ,où l’envahissement des gosses mendiants et voleurs est systématique .

Le lendemain 30/12 ?jour faste ,à midi j’étais invité sur le l’Alphée et le soir sur le Péquod ,je ne me suis pas ennuyé .

Autrement je lis et je pense à ce que je devrais faire .

Un solitaire anglais rencontré à Madère vient d’arriver , je vais aller lui dire bonjour un de ces jours .La coque perd de ses anatifes mais gagne des algues vertes .

Le 31/12 je vois arriver le Paul ,qui aurait du se trouver au Brésil ,plus sud même ,mais la politique et la saison les en ont empéchés .Apprenant la marée basse de leur vivres frais je les invite à mon bord où il y a au moins des œufs frais .On discute ,les voisins hollandais viennent et nous apprennent la demande en skippers et hotesses à Sainte-Lucie .Je pense y aller faire un tour sans trop d’illusions .De plus il paraît que les vivres y sont bon marché .Mais j’apprend aussi que le mari du couple hollandais qui m’invita hier soir est gravement malade , je pense à un ulcère à l’estomac .

Je me préparais à faire la vaisselle lorsque un copain allemand rencontré à Madère ,solitaire lui aussi , m’invite à venir avec lui à passer le réveillon dans une anse avec des amis .Mais la nuit plus rapide que mon bateau me fait rebrousser chemin pour arriver à temps pour utiliser la corne de brume à minuit .

D’autres invitations sur des voiliers ,un tour au courrier pour réceptionner un colis et téléphoner en France .Je passe à un bar le soir pour apprendre que le vendredi qui vient sera celui qui m’apportera peut-être des cartes marines périmées .

Le 6/01 j’ai la joie de recevoir un gros mandat aussitôt déposé à la Poste .Au passage je rate le rendez-vous des cartes mais j’en trouve ailleurs ,et je continue à chercher ,ne serait-ce que pour les copains copines qui m’ont apportés des oranges et des bananes du nord de l’ile ,après avoir fait leur confiture .

Le 9/01 ,je suis allé donner un coup de main au Patience qui devait passer en cale sèche .Evidemment il a plut et grisaillé toute la journée .J’ai fait connaissance le soir même d’un voilier sympa ,le Bel-espoir ainsi que de Henri Wakelam ,le copain de Moitessier .Il est actuellement sur un trois mâts qu’il a retapé ,bien déçu après sa première campagne de charter .

Je vais donner mon sang ,jeune et en bonne santé ,et en plus ils donnent un casse croûte !

Le 10/01 ,hier soir j’ai fété mon anniversaire avec le Paul,le Sarabande , le Dingdingues et deux jeunes suisses .

Un colis que j’attendais n’est toujours pas là .

J’ai fait connaissance de la Soupape .J’ai assisté aussi à l’arrivée à quai d’un mini paquebot pour milliardaires ,impressionnant au milieu des yachts .

J’ai commencé ce matin les provisions du bord pour la suite du voyage .

Le 12/01 les provisions sont bien commençées mais toujours pas de colis .Je suis à couple d’un français sympa qui se tâte pour continuer .Des remous causés par des annexes folles viennent parfois chahuter durement le bateau .Ce midi repas de roi :aile de dinde et riz au curry et saumon en boite que le voisin convié avait apporté .

J’ai réparé un jerrycan fuyard et protégé les autres .J’ai fait du rangement ,entre autres .

Le 13/01 rien de nouveau ,sinon que j’ai vu deux italiennes sympa chez le voisin ,et aussi que la personne qui tient un bar en ville où je vais régulièrement m’a gentiment préparé des livres et des flacons en verre .Je lis .Le temps est pluvieux .Je mouille à part ,je bricole et répare de nouveau l’annexe .

Un copain m’a filé une petite lampe à pétrole rétive .

Le 17/01 Hier soir j’ai rencontré un copain de Madère .

Coup de téléphone aux parents .

J’envisage une solution pour les colis en retard ,les faire renvoyer en France .

Je rencontre mon premier solitaire français ,il a 70 ans ou plus .

Ce matin je suis allé voir le Fram ,puis j’ai trouvé à la Poste deux colis et une lettre ,un grand jour !une fois mes provisions effectuées je vais pouvoir partir .

Au retour de la Poste le copain du Fram m’invite à une ballade en taxi collectif avec ses copains du coté de Sainte-Lucie ,un village de l’ile où on mange une soupe de poisson .De là-bas on peut voir l’ile de Sainte-Lucie et sur la route du retour l’ilot du Diamant ,avec des champs de canne à sucre un peu partout le long de la route . La conduite rapide du taxi me fait plus peur que l’énorme houle du voyage ….

Au retour je fais des courses je rencontre un copain de Noirmoutier que je quitte pour répondre à l’invitation d’un bateau .Entre temps j’acceptais à bord un suédois qui cherche un embarquement et qui a comme cela un lieu de dépôt pour ses affaires .

Le 18/01 Je retrouve une vieille connaissance qui a quitté son lointain mouillage du bassin du commerce pour mouiller non loin de moi .

Mon départ est prévu pour samedi .

Ce soir souper avec le copain de Noirmoutier ,du crabe farci ,c’est bon !

Le 20/01 hier j’ai caréné le bateau avec la rame que j’avais bricolée ,elle y a perdu sa pale qu’un copain a remplacé .J’ai fait plus ample connaissance d’un bateau sud africain ,le Vengila qui doit lui aussi aller à Tahiti ,on se reverra peut-être par là-bas .Je leur ai servi d’interprète .Cet après-midi je vais avec le copain de Noirmoutier et sa femme pour peut-être faire du tennis [MSOffice15] .Le soir on mange à bord .

Samedi matin ,il faut que je me presse un peu pour les derniers préparatifs .L’alizé vient de me ravir mes deux beaux tee-shirts ramenés de mon service militaire (FOYER DES ARMEES ou un truc du genre avec un joli motif genre feux de bois ).J’enregistre à la radio du Mozart sur un appareil acheté bon marché aux Canaries .

L’après-midi je vais avec des copains de Noirmoutier sur la plage d’un hotel ,où je fais connaissance d’une fille qui voudrait aller à Tahiti .Le soir diner à bord et visite d’un charter sympa .

Je perd ma matinée à la Poste et l’après-midi je fais connaissance d’un prof qui se lance dans la navigation à voile .

Dimanche ,je bricole et je range en attendant la candidate à l’embarquement qui repartira en début d’après-midi sans plus me donner de nouvelles .

Je fais connaissance de l’Antarés partant lui aussi pour le Pacifique ,l’Australie via Tahiti.

Je fais un échange de livres avec une équipière Dufour ,que je rencontrerais peut-être à Panama ,sans doute à Tahiti.Le soir je suis invité sur le bateau d’un copain solitaire allemand .

21/01/79 coup de téléphone aux parents ,envoi d’une cassette son ,le départ approche .

23/01 J’achète un système de rechange pour le réchaud à gaz .Je rencontre des copains et j’apprend que mon « équipière » a trouvé du travail .Je soupe chez un copain solitaire allemand et vais passer le reste de la soirée sur un bateau qu’il connaît (Rhabarbara).

DEPART DE LA MARTINIQUE DEBUT

Le 24/01 c’est le départ après avoir attendu la douane et eu des difficultés à trouver de l’eau .Juste au moment du départ il faut réparer la grand voile .Concert de cornes de brume bien sympathique.

26/01 hier j’ai vu des marsouins ,un banc de petits thons ou bonites et un cargo .Aujourd’hui c’est un avion que je vois .Je fais une moyenne convenable à mes yeux de 3 nœuds ,mais le vent est variable en force .

27/01 journée à force 2maximum ,mais je fais quand même 80 milles nautiques .Je nettoie le brûleur de mon réchaud à gaz qui en avait bien besoin , je me fais deux brûlures au passage .J’ai trois livres en route .

Dans 12 jours je devrais arriver ,à ce train là .Je suis entre deux ligne de navigation .A la radio musique classique et chant .

28/01 toujours force deux et je vais plus vite qu’avec 4-5 en arrivant sur la Martinique ! hier soir j’ai vu les lumières d’un cargo et du coup j’ai allumé mes feux .Ce midi un autre cargo à la méridienne et même un avion .Nuit perturbée par le raguage faute de vent

29/01 Le réveil à quartz est arrêté ,je change les piles ,je prend le top horaire à la BBC ,et j’espère que c’est reparti .Hier j’ai fait un peu de lessive .Cette après-midi en relevant ma ligne de pêche j’ai vu mon hameçon acheté à Fort de France tout rouillé ……La peinture ne tient pas dessus .

Je lisais tranquillement dans la cabine ,le bateau presque immobile faute de vent lorsqu’il s’est mis à danser ,je sors pour voir un cargo disparaître à l’Est en laissant ses vagues d’étrave briser l’immobilité du lac miroir loin derrière lui …….

A la tombée du jour un banc de poissons repéré par les oiseaux ,me laisse bredouille .

Le 30/01 je vérifie l’heure à la BBC, 4 minutes 9 secondes de retard au lieu de 33 secondes la veille .Il faut que je vérifie si ce retard est régulier ,sinon je vais devoir remettre la vieille pile et me débrouiller à Panama.

J’ai mis la vieille pile et cela fonctionne sans problème .

En début d’après-midi je vois un pétrolier vide ,le Fotini se diriger vers le sud .

Au coucher du jour des grains viennent , je prend deux ris pour un quart d’heure ,la mer est confuse .

Le 31/01/79 ,le réveil fonctionne très bien .Un peu avant midi un autre pétrolier ,de la Texaco ,plein celui là ,remonte vers le nord ,d’après mon point moi aussi je remonte vers le nord .Il va falloir que j’empanne .Je ne suis plus très loin de la moitié de cette traversée .

Le 2/02 rien de particulier ces jours ci ,le vent a forci à 4-5 ,normal pour l’alizé .Je vois assez régulièrement un cargo par jour .Deus petits poissons volants sont morts sur le bateau ,après une erreur de vol je suppose .Je ne suis plus très loin de deux lignes de navigation issues de Panama ,et je pense avoir passé la moitié de ce parcours .Je vais bientôt obliquer vers le sud-ouest .Les drosses de pilote automatique s’usent étonnamment vite .J’espère qu’elles tiendront jusque Panama .Je viens d’ouvrir « la » noix de coco des provisions du bord .

Le 4/02 hier le vent avait forci durant la nuit ,diminuant dans la journée .A 19 heure je vois le safran qui se détache ,aiguillot disparu en bas ,cassé en haut .Je met le tourmentin dans l’axe du bateau ,recevant ainsi en théorie les lames de l’arrière ,j’amarre le gouvernail à bord , je ferme la cabine et je réfléchi à la réparation qui me prend toute la matinée et une partie de l’après-midi ,j’espère que cela tiendra .

J’ai remis en route sous grand-voile et tourmentin ,mais j’ai du affaler la grand-voile ,c’était plus sûr pour le matériel .On fonce quand même ,j’attend les calmes car la mer est impressionnante ,il y a des déferlantes plus hautes que le bateau .Je vais devoir trouver une réparation valable à Panama .

Le 5/02 à 5 heure du matin cela recasse ,l’aiguillot du bas d’abord .Je répare et dans l’après-midi c’est reparti .Malheureusement je n’ai plus rien pour réparer .

Le 6/02 à 9 heure 30 cela casse de nouveau .Cette fois c’est plus embétant ,le support du bas qui partait a faussé un boulon .C’est foutu ,je hisse les pavillons N et C après avoir éssayé de naviguer en équilibrant grand-voile et tourmentin .Trop de vent et je dérive vers les lignes de navigation ,j’espère ,mais en même temps il y a un courant qui pourrait me balader dans la mer des caraïbes .Je pense à ce que je devrais emmener au cas où .

Le 7/02 j’ai réparé ,la nuit porte conseil ,et ça marche même avec le pilote automatique .Malheureusement cela ne dure pas et le 8/02 au matin cela recasse .Je fais un montage avec des cordages mais cela s’use vite .J’ai perdu le support du bas ,irremplaçable par manque de boulon axe .On n’a pas tout à bord et le magasin est loin ….

Entre 9het 10h je vois deux cargos venant de Panama ,ne s’arrètent pas malgrés mes signaux .Après-midi autre montage ,qui casse .Je crains pour mon pataras .

A 18H30 je vois un cargo partant vers Panama ,signaux sans résultats ,

Position le 8/02à midi :G 78°22’W L 11°56’ N , 180 milles de Panama. Difficile de barrer avec ce système et mes mains sont douloureuses quand je dois mettre le tourmentin pour la nuit

9/02 ce matin en ouvrant le capot je vois un oiseau perché sur ma filière à l’arrière ,il est de la taille d’un beau merle ,brun foncé ,avec un bec un peu long .

Et mes cordages tenant le safran continuent à casser à l’usure ,je barre le soir le plus longtemps possible jusqu’à la rupture .Dodo et le lendemain matin après la réparation cela repart .Dans la nuit du 11 au 12 le vent forcit ,j’ai un peu d’incertitude sur ma position ,bien que je vois deux cargos sur ma route ,et je ne retire pas le safran cette fois là ,résultat au matin une profonde éraflure sur le tableau arrière ,vive l’araldite …..

Je pensais être sous le vent de Panama mais au joie c’est portant !et à 14 heures je vois la cote .J’entre dans le port à 20 heures ,le mouillage des cargos ,très profond pour moi d’ailleurs .Une vedette de service vient gentiment me faire remarquer que je suis dans le port des cargos et se propose de me remorquer vers le mouillage des yachts ,je néglige de remettre mon safran et mon balcon avant est tordu dans l’aventure .Je remplis des papiers .



PANAMA retour début

Le lendemain 13/02 je met trois quart d’heure à atteindre contre le vent le point de débarquement .Pas de formalités sauf si je vais au club payant .Je me renseigne pour mes réparations .Un américain avec une grosse annexe accepte de me rapprocher de deux voiliers français .Le soir je vois arriver un bateau anglais rencontré à Madère et à Fort de France ,je fais connaissance d’un bateau français que j’aide le vendredi à passer le canal ,il faut un nombre déterminé d’équipiers par bateau ,et je reviens par le train avec un autre équipier occasionnel ,américain lui .

Entre temps sur un cargo hollandais tout neuf on me fait des ferrures et on m’offre un coca .

Le jeudi je rencontre un solitaire norvégien .

Le samedi midi de retour de mes courses au supermarché du coin c’est un solitaire anglais qui est là ,avec un bateau plus long d’un pied ! je l’invite à déjeuner .

Le même soir je suis invité sur un autre bateau anglais que j’aiderais à passer le canal mardi

Dimanche 18/02 le vent est souvent fort et j’ai à bricoler à bord .Les écrous de fixation des ferrures de safran tournent toujours fou ,ils étaient noyés dans le plastique ,une réparation pas facile .Je fais aussi un peu de nettoyage dans le cockpit , pas inutile !

Au yacht club je rencontre une équipière entrevue à Fort de France ,très déçue de l’ambiance tyranique du bord ,elle veut aller à Tahiti .

Le 19/02 je cherche sur les cargos pour avoir des ferrures en double mais ce n’est pas possible ,je vais devoir aller en ville .En attendant je vais déjeuner au yacht club ,ambiance sympa .Demain je passe le bateau anglais .

Le 27 tout s’est bien passé pour ce passage .J’ai rencontré un bateau allemand qui connaît très bien les autres bateaux allemands que je connais .Les ennuis pleuvent :dinghy crevé ,plus de colle ,réveil qui retarde ,top horaire difficile à capter ,rechange pour ferrure de safran à faire moi-même ,argent qui se fait rare ….enfin demain je passe un solitaire norvégien .

Le 3/03 tout s’arrange ,les deux solitaires allemands attendus sont arrivés .je passe le 5/03 pour 65$­ dont 5 parce que je suis remorqué. Je vais avoir pour équipière cette fille rencontrée à Fort de France .

Entre temps j’ai passé le bateau norvégien en remorque d’un gros yacht américain , un cordage s’est rompu deux fois ,mais sans dommage .Par contre juste à la sortie alors que l’on était à couple des vagues ont provoqué l’arrachage d’une partie du rail d’écoute et le cisaillement de la filière .Accessoirement coté atlantique je me suis fait douché au passage d’un cargo ,alors que l’on était à couple là aussi .

Au yacht club de Balboa j’ai la surprise de trouver une lettre pour moi !

Je réussis à capter une station radio française très faible .Ce matin j’emprunte une annexe et je vais faire des vivres frais ,retour en taxi .Il ya beaucoup de vent sur la rade ,ce qui n’aide pas pour les déplacements en annexe .

Je nettoie la coque pour le remorquage .Hier 2 mars je suis allé sur un cargo anglais pour une pièce de rechange .Au débur ils pensaient que je cherchais du travail ,mais après ils m’ont ressoudé ma pièce impeccable pendant que l’on buvait une bière en papotant .Ils m’ont également offert des conserves et une bouteille de whisky ,ainsi que du cordage .J’ai été pris en photo ,bref des écossais très sympa .

J’ai pu capter la BBC pour le top horaire ,le retard et la marche du réveil sont acceptables .

Ce matin je suis aussi passé sur un cargo polonais qui va peut-être pouvoir me faire une pièce de rechange pour mon safran .Il y a mâme à bord une personne qui parle français !ils sont immobilisés à la suite d’un problème mécanique .dans l’après-midi j’aide la vente de matériel d plongée d’un copain à un autre copain .

Le 5/03 le lendemain je repasse pour ma pièce sur ce cargo et j(obtiens deux cartes sur un cargo anglais .

Je ne peux me déplacer qu’avec l’annexe d’un voisin fançais car la mienne est juste bonne pour les petits parcours , polystyrène expansé dans le boudin extérieur ,un peu d’air dans l’autre ,crevé comme le fond .

Le bateau français m’invite à diner et m’offre des livres de poche .L’après-midi je fais connaissance d’un trimaran anglais qui me donne une lampe à pétrole .

Samedi après-midi je repère ce que je crois être un cargo français ,(belge en réalité) , ce que je signale à mon voisin français.Peu après on monte à bord ,on y boit un coup en parlant français ,et gentiment ils nous donnent des cartes ,la mer rouge et les atterrages de Grande-Bretagne ,pas trop utiles mais sympa .Le « seul » français de Colon ,l’agent commercial d’une ligne française de navigation ,nous trouva à bord et nous invita à son domicile où il nous tint en haleine avec ses voyages au Moyen-Orient et en Amérique du sud .D’un grand intérêt pour le couple français qui passera par là

Demain c’est le passage du canal pour mon bateau et avant la tombée de la nuit je vais me mettre à la remorque du Fram ,le yacht allemand qui va me remorquer .Mon équipière qui faisait partie de l’équipe Dufour (convoyage de yacht dans l’atlantique ) arrive dans la nuit .Le lendemain matin ,oh surprise le pilote est là à 5H20 au lieu de 5H .Je met mes feux de position et en route.Plusieurs lancers d’amarres malheureux aux premières écluses ,mais ça s’arrange vite .Nous arrivons de l’autre coté du canal à 14H ,mais on doit attendre plusieurs heures pour passer les écluses .

La sortie du canal s’est passée sans problème sauf pour comprendre le pilote .On s’est trouvé des bouées et mon équipière m’a offert mon repas du départ ,à base de hot-dog ,du fait de la fermeture du restaurant .Le lendemain matin je me fais accroché par la secrétaire du club et des douaniers m’interrogent sur les raisons de mon arrêt au Balboa yacht club alors que je n’avais pas réservé de bouée .On me prie fermemen

Date de création : 17/11/2007 @ 13:17
Dernière modification : 17/11/2007 @ 13:17
Catégorie : Divers
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